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Le blog de Dominique & Damien



Samedi 1 novembre 6 01 /11 /Nov 09:14
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Dimanche 26 octobre 7 26 /10 /Oct 12:58
Par Donik - Publié dans : gays
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Dimanche 26 octobre 7 26 /10 /Oct 12:37

Indonésie: l’école coranique des travestis




Pour permettre aux travestis et aux homosexuels de pratiquer le culte musulman en toute liberté, une école coranique leur a été dédiée dans un hameau non loin de Jogjakarta, une ville de Java, relate le Jakarta Post.




Souvent perçus comme des déviants sexuels, les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels sont parfois tenus à l’écart des rites religieux et n’ont pas accès aux lieux de culte.

L’accès à la prière, la transcendance et la sensation de se rapprocher de Dieu sont pourtant des droits religieux dus à tout être humain.

Dans la pratique, ils sont bien trop souvent réservés aux hétérosexuels.

Ariel, un travesti de 30 ans qui vit depuis plus de dix ans à Jogjakarta [une ville de 500 000 habitants, sur l'île de Java], devait s’introduire secrètement dans la mosquée chaque fois qu’il voulait réciter les tarawih [prières du soir pendant le ramadan].

“J’entrais en cachette et je devais porter le sarong pour pouvoir me joindre aux hommes. Certains amis préféraient mettre la mukena [long voile porté par les femmes pendant la prière] et se mêler aux femmes”, dit-il.

Il leur est souvent arrivé de se voir refuser l’accès à la mosquée.

“Même si nous sommes des travestis, nous avons besoin de prier Dieu et d’assister à des rituels. Nous aussi sommes des êtres humains avec des yeux et un cœur. Nous aussi sommes des êtres humains et avons besoin de prier Dieu”, poursuit-il en citant les paroles d’une chanson.

 


Scandalisée par ces discriminations religieuses, Maryani, 51 ans, a ouvert en juillet dernier une école coranique pour travestis, qu’elle a baptisée Ponpes Waria.

Dans ce petit établissement, situé dans le hameau de Notoyudan, près de Jogjakarta, les travestis peuvent prier librement, sans se sentir opprimés.

Travesti lui-même, Maryani a créé ce lieu pour permettre à ses semblables de se rapprocher de Dieu mais aussi pour accueillir des homosexuels, également victimes de discriminations.

A la différence des autres écoles islamiques du pays, Ponpes Waria n’a ni mosquée ni foyer ni dortoir.

L’établissement abrite une salle de trois mètres sur cinq où les élèves se réunissent pour prier, lire le Coran et approfondir leur connaissance de l’islam.

“Nous ne nous soucions pas de la surface de la salle, mais plutôt de sa fonction et de ce qu’elle nous apporte. L’important, c’est que nous puissions accomplir nos rites religieux et communiquer sans problème avec Dieu”, souligne Maryani.

Durant le mois du ramadan, des dizaines de travestis se sont rendus tous les jours à l’école, où les activités religieuses commençaient à 3 h 30 du matin.

Avant de rompre le jeûne, ils récitaient le Coran et apprenaient les règles de l’islam.

Puis ils psalmodiaient des versets à la gloire du prophète Mahomet et, après avoir rompu le jeûne, ils récitaient la prière de l’isha et les tarawih.

Certains travestis rentraient ensuite chez eux tandis que d’autres restaient à l’école pour prier ou lire des ouvrages religieux en attendant l’heure du repas, juste avant l’aube.

“Depuis l’ouverture de cette école, je me sens plus tranquille pour étudier la religion”, affirme Yesy, un élève.

“Je prie pour être en bonne santé et heureux. Ici on est traité comme des êtres humains. On apprend à lire le Coran ensemble, à rompre le jeûne ensemble, à réciter ensemble les tarawih, le zikir et le tahajud [la dernière prière de la nuit] et à manger ensemble le repas d’avant l’aube. Nous faisons tout ensemble”, dit-il.

En dehors de la période du ramadan, l’école ouvre deux jours par semaine, le lundi et le jeudi.

“Ces jours-là, il y a des récitals de Coran et des cours d’islam”, indique Maryani.

L’école a besoin de capitaux pour continuer à fonctionner mais il est difficile de faire des démarches officielles de dons en raison des suspicions que la demande pourrait susciter.

“Nous souhaitons simplement avoir un lieu où prier et étudier l’islam. Si nous demandons officiellement des dons, les gens pourraient penser qu’il s’agit d’une entreprise”, explique Maryani.

Surpris, l’un des enseignants de l’école, fait part de sa joie d’avoir enseigné le Coran à des travestis.

Il explique que les travestis forment un groupe à part dans la société mais que, bien qu’ils soient différents, ils éprouvent les mêmes sentiments que d’autres et ont le courage de vivre leur vie.

“Malgré leurs différences, dit-il, ils s’assument. Ils sont avides d’étudier l’islam et nous devons les respecter.”


Source: Courrier International

Par Donik - Publié dans : travestis, trans
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Dimanche 26 octobre 7 26 /10 /Oct 12:24
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  • Hommage à ABÛ NUWÂS,
    "L'homme aux longs cheveux bouclés"...

    Assurément l'un des plus grands,
    voire le plus grand poète arabe !






    ABÛ NUWÂS AL-HASAN B. HÂNI' AL-HAKAMI ...

    La mémoire culturelle arabe retient Abu Nuwas comme l'un de ses plus grands poètes, lui dont l'origine était persane par sa mère, dont la vie se passa à braver les règles de l'éthique dominante, et dont l'art enfin prit le contre-pied de l'académisme, bientôt et pour longtemps triomphant.

    Ces trois traits le situent au cœur des tensions qui désignent les sites principaux où se décida la culture arabo-islamique en cette fin du IIe siècle de l'hégire.

    De Bassora à la cour des califes...

    Abu Nuwas est né en Susiane, à Al-Ahwaz entre 130 et 145 de l'hégire (747-762) d'une mère iranienne et d'un père client d'une tribu sud-yéménite.

    Il vient très jeune à Bassora toute proche, puis à Koufa. C'est probablement dans cette ville qu'il se forme et reçoit les influences qui devaient marquer sa vie. Car il y fréquente un cercle de redoutables libertins, homosexuels pour la plupart d'entre eux.

    Il devient ainsi le protégé du poète Waliba b. al-Hubab et de Halaf al-Ahmar.

    Il aurait suivi les cours des meilleurs philologues. Son œuvre atteste d'ailleurs de sa culture dans de nombreux domaines du savoir de l'époque.

    Bagdad commence à drainer tous les talents et il s'y rend. Il se lie à la famille vizirale des Barmakides qui connaît l'apogée de sa puissance et le drame de sa chute sous le calife Harun ar-Rasid. Il séjourne quelque temps au Caire, puis revient à Bagdad pour y devenir l'un des commensaux attitrés du calife Al-Amin. Il passe là des années flamboyantes qui le mènent des fastes du palais à la misère des prisons.

    On ne sait comment il meurt entre 198 et 200 (813-815), à l'aube de ce IIIe siècle de l'hégire (IXe s.) qui s'ouvre avec l'assassinat du calife ami et l'avènement d'un temps où il n'avait plus de place. Et peu importe notre ignorance des circonstances de sa mort : le poète avait fait son œuvre.

    Un libertin au cœur des antagonismes...

    Cette œuvre porte un témoignage sur bien des aspects d'une civilisation islamique encore à l'heure des choix.

    Toute la poésie d'Abu Nuwas exprime une vision du monde.

    Cette vision est d'abord marquée de " citadinité ". L'Islam a fait passer les Arabes de l'oralité à l'univers du graphisme, du tribalisme socio-politique à l'exercice étatique du pouvoir, de la mentalité bédouine au comportement citadin. Le discours scientifique règle avec fermeté le développement culturel.

    En cette fin du IIe siècle de l'hégire, aucun des grands affrontements qui secouent la société n'est achevé. Dans ce contexte, Abu Nuwas est le poète qui exprime avec le plus de relief les antagonismes pensés et vécus.

    Il revendique le droit au plaisir contre l'angoisse existentielle que ne rassure pas le dogme.

    Il prend la liberté de l'insolence que ne tolère pas la loi.

    Il ridiculise le mode de vie bédouin et vise, ce faisant, l'ethnie arabe prise à la fois dans sa bédouinité originelle et dans sa prétention à la primauté culturelle et politique.

    Ainsi l'hédonisme d'Abu Nuwas ne désigne pas les seules pulsions d'un individu. Il témoigne d'une résistance à un dogmatisme qui entend régir la société.

    Au demeurant, le poète n'hésite pas à prendre part à la lutte féroce que les Arabes d'origine yéménite menaient contre les Arabes du Nord dans un conflit d'origine tribale sensiblement aggravé depuis l'islam. Sa longue et célèbre satire des 'Adnan, où il fait un éloge marqué des Qahtan, lui valut d'être longuement emprisonné sur l'ordre du calife Harun ar-Rasid.

    Dans ce genre si arabe de la diatribe mêlée de jactance, Abu Nuwas déploie sa verve, et ses flèches font mouche. On peut mesurer, à cette occasion, combien on se trompe en insistant exagérément sur l'iranisme du poète.

    Car, situé au cœur de ces antagonismes, il ne se laisse réduire par aucune proposition simpliste.

    Arabe de langue et de culture, il est rebelle aux lois du clan, hostile à la domination de l'ethnie.

    Citadin jusqu'au bout des ongles dans le raffinement comme dans l'excès provocateur, il garde du bédouin l'individualisme farouche, le sens du geste et le goût de l'affrontement.

    Irreligieux jusqu'au blasphème, il viole l'ordre moral, mais trouve d'admirables accents pour confier à Dieu sa détresse et implorer sa miséricorde.

    Débauché qui se vautre dans tous les bouges, il est aussi l'esthète admirant le vol impérial de l'autour ou l'accélération fulgurante du guépard en chasse.

    Une créativité rebelle...

    Son génie s'est immédiatement imposé et le jugement des contemporains n'a cessé d'être confirmé depuis treize siècles.

    Ce consensus des époques trouve sa raison d'être dans la qualité d'une poésie aux facettes multiples, mais animée par une même inspiration et fruit d'un même talent. Il fait référence aussi à la nature d'un personnage et à l'exceptionnelle situation historique de son œuvre.

    Depuis l'avènement de l'Islam, la poésie arabe fut travaillée par une double contrainte qui la mena vers le classicisme.

    Celle exercée par les théoriciens d'abord : grammairiens, lexicographes, prosodistes recueillent la poésie ancienne, en fixent la langue et définissent peu à peu une esthétique.

    Celle ensuite qui s'exerce sur le statut et la fonction du poète dans la société. Le grand poème d'apparat dédié à un haut personnage fixe et illustre les canons d'un art.

    Cette réglementation vise, en fait, à instaurer l'hégémonie d'un genre, en définitive à imposer un type d'écriture. Le genre est celui du panégyrique qui fait l'objet de poèmes de plus en plus longs, nécessitant une organisation interne minutieuse.

    Ce principe de cohésion entraîne des dispositions d'écriture qui régissent le lexique, la syntaxe et la composition thématique. Le poète qui ne réussit pas dans ce difficile exercice de style est tenu pour mineur.

    D'où l'importance d'Abu Nuwas. Il fait justement partie de la dernière génération de poètes qui ne se sont pas pliés aux injonctions de l'académisme.

    Successeur de Bassar b. Burd, il fait triompher le poème bachique, le chant érotique, la composition animalière au même moment où Al-'Abbas b. al-Ahnaf se consacre au langage de l'amour courtois et Abu l-'Atahiya à la méditation sapientiale.

    Les Poèmes bachiques et érotiques doivent être saisis dans la même analyse.

    Abu Nuwas y recueille une vieille tradition qui remonte à la période pré-islamique et n'a cessé de se manifester depuis. Mais il lui donne un éclat et une force incomparables.

    La hamriyya (poème bachique) devient chez lui un genre : ses descriptions des vins, des commensaux, des échansons, des chanteuses seront tenues pour des modèles et appelleront l'imitation durant des siècles.

    Ce sont des tableaux vifs et précis qui allient la vérité du trait à la finesse des images et à la simplicité de la langue.

    Érotisme et bachisme s'y mêlent étroitement et l'alliage n'est pas toujours du meilleur goût : Abu Nuwas est un héritier des libertins de Koufa, disciple d'homosexuels célèbres, compagnon de beuveries mémorables qui pouvaient se dérouler aussi bien au palais califal que dans un monastère ou dans les jardins de la banlieue de Bagdad.

    La poétique d'Abu Nuwas est reconnaissable entre toutes. La langue se tient à l'écart de l'archaïsme comme du formalisme qui trouvera, peu après, son expression la plus haute dans l'œuvre d'Abu Tammam.

    Elle sait puiser aux ressources du lexique sans tomber dans le piège de la littérature pour philologues.

    Elle exprime les sentiments avec vigueur et peint avec précision les situations, donnant ainsi au vécu un relief particulier. Car c'est, la plupart du temps, au niveau de la sensation qu'elle opère : les images sont concrètes, souvent vives et heureusement choisies.

    Abu Nuwas se sert, certes, sans complexe des trouvailles de ses prédécesseurs. Mais il affine, retravaille une matière qui, en poésie arabe, relève finalement d'une création collective échelonnée sur des générations de poètes.

    Le poème s'organise librement.

    La plupart du temps bref, il entrecroise ses motifs, virevolte de l'éphèbe à la femme, de la coupe aux fleurs, du blasphème au repentir, de la satire à l'amitié, toujours avec un bonheur de la formule qui comble l'attente.

    Ces variations sur des thèmes connus ne suivent aucun projet arrêté à l'avance et relèvent d'un véritable plaisir de dire.

    La cohésion interne du poème n'est pas assurée par des enchaînements thématiques mais par cette rhétorique du lyrisme qui se saisit des énoncés successifs.

    Le texte se constitue ainsi de l'afflux des significations. Le rythme est autant celui des mots coulés dans les matrices métriques que celui du sens.

    Ainsi le poète offrit-il l'énergie de son écriture aux conflits de son temps.

    Une lecture attentive de son œuvre fait apparaître que les attitudes provocatrices, voire les formulations grossières, recouvrent les tourments d'un être que tout menace dans sa liberté.

    Dépravé, excessif, cynique, tout cela est vrai.

    Mais sans masque, avec lucidité et, toujours, un amour profond de la vie et de ses manifestations.

    Poète de la joie de vivre soudain saisi d'angoisse à l'idée de la mort : quelle image rend mieux ce destin que celle d'un Abu Nuwas réveillé, au terme d'une nuit d'ivresse, par le tympanon d'un monastère, et se mettant à songer à Dieu ?

    Il fallut attendre la poésie contemporaine pour retrouver une force de création comparable.


Par Donik - Publié dans : gays
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